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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/302

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madame, qu’elle m’attendait. Quelle surprise pour moi ! elle était au lit : « Allons ! me dis-je, je suis pris. — Venez tous asseoir dans cette bergère, près de moi. Avez-tous la permission de vingt-quatre heures ? — Oui, Madame. »

Elle donna ses ordres à la femme de chambre et la congédia jusqu’au lendemain pour nous apporter le café et faire la toilette de sa maîtresse. Moi, je restais dans l’embarras pour me déshabiller, il me fallait cacher mes maudits faux mollets et mes trois paires de bas. Que j’étais mal à mon aise ! J’aurais voulu éteindre la bougie pour m’en débarrasser ; je les fourrai sous l’oreiller le plus adroitement possible, mais cela m’avait ôté ma gaîté. Le lendemain, pour les remettre, quel supplice !

Heureusement, ma belle dame se leva la première pour me sortir d’embarras, et passa dans le cabinet avec sa femme de chambre pour faire sa toilette ; je ne perds pas de temps, je saute à bas du lit pour rétablir ma toilette et remettre mes trois paires de bas sans les mettre de travers, ce que je fis pour une jambe seulement, mais madame ne s’en aperçut pas.

Il aurait fallu le perruquier pour rétablir ma tête ; on me fit demander si j’étais levé : « Dites à madame que je puis me présenter près d’elle ; je suis à ses ordres. »

Madame paraît belle et fraîche, et nous prenons le chocolat en tête-à-tête. Après nous être