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LES CAHIERS

chambre. Elle parut contente de moi ; je passai une journée de délices près de cette belle dame et la quittai pour aller à l’appel. Je tremblais un peu sur mes jambes de la journée orageuse que j’avais passée, mais content de ma belle conquête, je ne manquai pas le jour indiqué. Je trouvai mon dîner servi par la belle femme de chambre qui resta pour faire la toilette de sa maîtresse et la défaire. Je me mis à table et dînai comme un enfant gâté avec un dîner froid : « Et vous, Mademoiselle, vous ne dînez pas ? — Si, Monsieur, après vous, s’il vous plaît. Madame est bien contente de vous ; elle va venir de bonne heure prendre le café et passer la soirée avec vous. Dînez bien et buvez de bons coups, c’est du bordeaux ; voilà du sucre, il sera meilleur. — Je vous remercie. — Je vous préviens que je vais déshabiller madame pour qu’elle soit à son aise ; et je reviendrai lui faire sa toilette pour rentrer à l’hôtel. — Ça suffit. »

Madame arrive à huit heures, et dit, après les civilités données et reçues : « Allez chercher le café. » Nous restâmes seuls, je vais près d’elle : « Eh bien ! dit-elle, nous passons la soirée ensemble. — Je le sais, Madame. — Restez à votre place ! » Le café est servi de suite ; sitôt pris, elle dit : « Passez dans ce cabinet, je vous ferai appeler. »

Je sors et m’assois en attendant mon sort ; on vint me dire de passer dans la chambre de