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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/283

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LES CAHIERS

leur souhaita le bonjour à coups de canon, leur faisant tourner le dos à leur capitale, pour venir au-devant de notre armée qui avait passé sans leur permission. Toute l’armée du prince Charles arriva en ligne sur la nôtre, et le feu commença de part et d’autre.

Plus de cent mille hommes arrivèrent sur le corps du maréchal Lannes, la foudre tombait sur nos troupes, mais il se maintint jusqu’à la dernière extrémité. L’Empereur nous fit partir dès le matin de Schœnbrunn pour le Danube ; toute l’infanterie de la garde et lui à la tête. A onze heures, il donnait l’ordre de passer et de mettre nos bonnets à poil. Comme ça pressait, en passant sur trois rangs le grand pont, nous nous défaisions nos bonnets[1] les uns les autres en marchant. Cette opération fut faite dans la traversée du pont, et tous nos chapeaux furent jetés dans le Danube, nous n’en avons jamais porté depuis. Ce fut la fin des chapeaux pour la garde.

Nous traversâmes la pointe de l’île et trouvâmes un second pont que nous passâmes au galop ; les chasseurs à pied passèrent les premiers, débouchèrent dans la plaine et firent un à-gauche en colonne au lieu d’un à-droite. La fausse manœuvre ne put se réparer, il fallut se mettre de suite en bataille, notre droite près du

  1. Ils étaient renfermés dans des étuis sur le sac.