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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/273

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LES CAHIERS

étaient couverts de givre. Comme c’était amusant de prendre un bain au mois de janvier ! en mettant le pied dans cette rivière, on en avait jusqu’à la ceinture. On nous recommanda d’ôter nos pantalons pour traverser les deux bras de cette rivière. Sortis de l’eau, nous avions les jambes et les cuisses rouges comme des écrevisses cuites.

De l’autre côté, était une plaine où notre cavalerie donnait une charge complète aux Anglais ; il fallut poursuivre pour la soutenir, et nous arrivâmes au pas de course, sans nous arrêter, jusqu’à Bénévent que nous trouvâmes ravagée par les Anglais ; ils avaient tout emporté. Notre cavalerie les poursuivit à outrance ; ils détruisirent tous leurs chevaux, abandonnèrent tout leur bagage et leur artillerie. L’Empereur donna l’ordre de repasser la terrible rivière. Deux bains dans une journée si froide, il y avait de quoi faire la grimace, mais il avait tout prévu et avait fait préparer des feux à une petite distance pour nous réchauffer.

Toute la garde se mit en route pour Valladolid, grande ville ; là, les moines avaient pris les armes, mais les couvents étaient déserts, et nous ne manquions pas de logements. On nous mit en grande partie dans ces beaux couvents en face des couvents de femmes qui tiennent les jeunes filles de l’âge de douze à dix-huit ans jusqu’à l’âge d’être mariées. Nos soldats cher-