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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/244

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et comme il se trouvait là des petits sapins très épais de quatre à cinq pieds de haut, je les détourne pour voir mon lièvre au gîte. Voilà un sapin qui me reste dans la main, j’en prends un autre, il s’arrache aussi. Je continue, je me mets à appeler mes camarades : « Par ici ! par ici ! il y a du nouveau ; les sapins ne tiennent pas dans cet endroit. — Comment ? me dirent-ils. — Tenez, voyez ! »

Certains que c’était une cachette fameuse, nous voilà à sonder, mais nos baguettes de fusil n’étaient pas assez longues, et le carré était de cent pieds, quelle joie ! Je dis : « C’est pourtant mon lièvre qui est la cause de notre trouvaille, il faut marquer l’endroit. Il n’y a pas de chemin pour arriver ; comment ont-ils pu faire ? Les malins ont porté à dos. Maintenant il faut nous orienter. Lardons les sapins pour demain », et nous voilà avec nos sabres traçant notre chemin, enlevant l’écorce des sapins à droite et à gauche. Toujours le nez en l’air, je vois une planche clouée après un gros sapin, et puis une autre à vingt-cinq pieds de hauteur. Il faut voir cela. On coupe des sapins, on entaille leurs branches pour servir d’échelle. Arrivés à la boîte, on ôte la cheville qui tient la planche qui avait de cinq à six pieds de haut, et on trouve viandes salées, langues fourrées, oies, jambon, lard, miel, enfin deux cents boîtes remplies, avec des chemises en quantité. Nous emportâmes des chemises, des