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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/230

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contentement. Déjà, à Posen, je l’avais vu monter à cheval si en colère qu’il sauta par-dessus son cheval de l’autre côte, et donna un coup de cravache à son écuyer.

On nous fit mettre en position avant d’arriver à Varsovie. Nous aperçûmes les Russes de l’autre côté d’une rivière, sur une hauteur commandant la route. On rassembla 1,500 nageurs, on les fit passer à la nage avec leurs cartouches et leurs fusils sur leurs têtes ; à minuit, ils tombèrent sur les Russes endormis autour de leurs feux. On s’empara de la position et nous fûmes maîtres de la droite du fleuve ; mais les barques nous manquaient. Le maréchal Ney qui avait fait des prodiges sur Thorn, nous envoya des barques pour faire des ponts. L’Empereur fut au comble de sa joie, et dit : « Cet homme est un lion. »

L’Empereur fit son entrée la nuit dans Varsovie ; les grenadiers d’Oudinot et nous arrivâmes de jour ; ce bon peuple vint au-devant de nous pourvoir cette belle colonne de grenadiers. Ils s’efforcèrent de bien nous recevoir. Les Russes leur avaient tout emporté. Il fallut acheter des grains et des bœufs pour nourrir l’armée, et les juifs firent de bonnes affaires avec Napoléon. Il nous arriva des vivres de tous côtés ; on fit faire du biscuit. On peut dire que les juifs sauvèrent l’armée tout en faisant leur fortune.

Lorsque l’Empereur fut en mesure pour re-