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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/226

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pour savoir ce qui se passait, il était on colère, il prenait des prises de tabac et il piétinait devant nous. L’officier arrive et lui dit : « Sire, c’est le maréchal Ney qui est aux prises avec ses grenadiers et ses voltigeurs contre une masse de cavalerie. »

Il fit partir de suite sa cavalerie, et tout le monde marcha en avant : Lannes et Ney furent maîtres de la gauche ; l’Empereur s’y porta et il ne grogna plus.

Le prince Murât arrive avec ses dragons et ses cuirassiers ses chevaux tendaient la langue. On ramena une division entière de Saxons, c’était pitié à voir, car le sang ruisselait sur la moitié de ces malheureux. L’Empereur les passa en revue, et nous leur donnâmes tout notre vin, surtout aux blessés, ainsi qu’à nos braves cuirassiers et dragons. Nous avions bien encore mille bouteilles de vin cacheté, et nous leur sauvâmes la vie. L’Empereur leur donna le choix de rester avec nous ou d’être prisonniers, disant qu’il ne faisait pas la guerre à leur souverain.

L’Empereur, après la bataille gagnée, nous laissa à Iéna ; il partit pour voir les corps de Davoust et Bernadottc. Sur notre droite, on entendait le canon de très loin, et l’Empereur envoya l’ordre de nous tenir prêts à partir. Nous passâmes la nuit dans cette malheureuse ville déserte. L’Empereur revint, on ramassa les