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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/222

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roues pour voir si rien n’était oublié, surtout la pharmacie, les pelles et pioches ; il faisait l’inspection sévère, M. Larrey présent pour la pharmacie, et les chefs du génie pour les pelles et pioches ; il les menait durement si tout n’était pas complet. C’était l’homme le plus dur et le meilleur ; tous tremblaient et tous le chérissaient. L’ordre fut donné de passer la revue de linge et chaussures, et l’inspection des armes pour faire campagne. L’Empereur nous passa en revue, et nous eûmes l’ordre de nous tenir prêts à partir. Nos officiers nous disaient que nous partions pour un congrès, que l’empereur de Russie et le roi de Prusse s‘y trouveraient réunis. Mais arrivés sur les frontières de Prusse, on nous lit à l’ordre que la guerre était déclarée avec la Prusse et la Russie.

Nous partîmes dans les premiers jours de septembre 1806 pour nous diriger sur Wurfzbourg où l’Empereur nous attendait. Cette ville est belle, elle a un château magnifique ; il y eut grande réception des princes par Napoléon. De là, les corps d’armée furent dirigés sur Iéna, à marches forcées ; nous y arrivâmes le 13 octobre, à dix heures du soir. Nous traversâmes cette ville sans la voir ; pas une seule lumière ne nous éclairait ; tout le monde était parti. Silence absolu. Arrivés contre la ville, au pied d’une montagne rapide comme le toit d’une maison, il fallut grimper et nous mettre en bataille de suite sur