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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/218

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nards. Nous ne fûmes réunis que le lendemain, mais personne ne fut puni.

Nous arrivâmes à Meaux, en Brie, où nous fûmes bien reçus. J’étais seul ; je vais présenter mon billet de logement dans la rue Basse, qui va à Paris. Je fais lire mon billet, comme je ne savais pas lire. Un gros monsieur me dit : « Cette dame est riche, mais elle va vous mener à l’auberge. Tenez ! allez à cette boutique de serrurier. » Je me présente chez ce serrurier et lui montre mon billet : « Mon brave, dit-il, ma propriétaire va vous mener à l’auberge. — Soyez tranquille ! j’espère convenir à cette dame. Vous viendrez me voir dans une heure. — Mais vous n’y serez plus. — Vous verrez cela sans bruit. »

Je monte au premier : « Madame, je vous salue, voilà votre billet. — Mais, Monsieur, je ne loge pas. — Je le sais, Madame, mais je suis bien fatigué, je vais me reposer un peu. Si Madame voulait avoir la bonté d’aller me chercher une bouteille de vin, voilà quinze sous, et je partirai après. »

Elle va avec mes quinze sous me chercher une bouteille et, aussitôt sortie, je mets habits bas et mon mouchoir autour de ma tête ; je me fourre dans son lit, et me mets à trembler de toutes mes forces. Voilà madame qui arrive ; me voyant dans son lit, elle fit un cri, elle fut chercher ses locataires qui avaient le mot. Ils