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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/207

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LES CAHIERS

plaça sur le haut de ce pain de sucre et fit faire un bon feu ; cest là qu’il brûla sa capote grise. Toute sa garde était autour de lui, et cinquante pièces « Je canon braquées sur la ville. J’étais de garde sur le mamelon, près de l’Empereur, qui parlait au comte Hulin, général des grenadiers à pied. Tout à coup, on voit sortir de la ville d’Ulm une colonne qui n’en finissait pas, et arrivait en face de l’Empereur, dans une plaine au bas de la montagne. Tous les soldats avaient passé leurs gibernes sur leurs sacs pour se débarrasser en arrivant au lieu de désarmement ; ils jetaient les armes et les gibernes dans un tas en passant. Le général Maek à leur tête vint remettre son épée à l’Empereur qui la refusa (tous ses officiers et généraux gardèrent leurs épées et leurs sacs) et qui s’entretint avec les officiers supérieurs fort longtemps. Cette sortie dura bien quatre à cinq heures (il y en avait vingt-sept mille), et la ville était pleine de blessés et de malades. Nous fîmes notre entrée dans Ulm aux cris de tout le peuple, les officiers furent renvoyés dans leur pays sur parole de ne pas prendre les armes contre la France, et l’Empereur nous fit une proclamation. Le lendemain delà reddition d’Ulm, Napoléon partit pour Augsbourg avec toute sa garde ; on fit des marches forcées pour arriver à Vienne.

Des marches de dix-huit et vingt lieues par jour, c’était la ration du soldat. Aussi, ils di-