Ouvrir le menu principal

Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/206

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


à la baïonnette, et nos colonnes arrivèrent au couvent, tout en haut du bourg. L’Empereur nous fit alors monter au pas de charge pour finir de renverser l’armée du général Mack. Les Autrichiens se battirent en déterminés. Derrière ce village, ce sont des plaines où l’on peut manœuvrer, un peu boisées, et la chaîne de montagnes se prolonge depuis le couvent jusqu’en face d’Ulm. On ne laissa pas l’ennemi un moment tranquille. Murât se couvrit de gloire dans ses belles charges, et le maréchal Ney ne s’arrêta que devant Ulm. L’Empereur fit cerner la ville de toutes parts, et nous donna enfin le temps de nous faire sécher. Le malheur voulut que le feu prît à une jolie maison bourgeoise : il ne fut pas possible de la sauver. L’Empereur dit, dans sa colère : « Vous la paierez. Je vais donner six cents francs et vous donnerez un jour de votre paie. Que cela soit versé de suite au propriétaire de la maison. »

Nos officiers faisaient la grimace, mais il fallut passer par là, et la garde a une maison dans ce village. Le propriétaire a fait une bonne journée, car il a reçu une somme considérable.

L’Empereur fit sommer le général Mack qui se rendit prisonnier de guerre le 19 octobre. On donna les ordres pour partir le lendemain à cinq heures du matin ; toute la garde se porta au pied du Michelberg, en face d’Ulm. L’Empereur se