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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/195

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LES CAHIERS

en ordre ; je lui dis : « Regardez ma croix et mon uniforme, c’est mon passeport. » Il fut sot… Je me fis conduire à Druyes. J’arrivai, le samedi à la nuit, au château du Bouloy, chez M. Morin, où l’on m’attendait. Suivant la vallée, je ne fus aperçu de personne.

Le lendemain, dimanche matin, je me mets en grande toilette pour me rendre à la messe. Je demandai où je pourrais me placer dans une stalle ; on m’indiqua celle à côté du maire, M. Trémeau, qui existe encore, et j’arrivai dans le chœur. Je me plaçai dans la place indiquée, et le maire se met à ma gauche. Je le salue. « C’est bien vous, Coignet ? — Oui, monsieur. — Je vous attendais, j’ai reçu une lettre de M. Morin qui m’annonçait votre arrivée. — Je vous remercie ; j’aurai l’honneur daller vous faire ma visite après la messe. — Je vous attends. »

Tout le monde se portait du côté du chœur pour voir ce beau militaire décoré. Je reconnus ma belle-mère en face de moi, et mon père qui me tournait le dos ; il chantait au lutrin. Je ne laissai pas finir la messe tout entière pour sortir de l’église ; je me présente chez mon père. La porte n’était pas fermée : je me tiens debout, mon père arrive et me voit qui l’attendais au milieu de la chambre. Je fus à lui pour l’embrasser, il me serra dans ses bras et je lui rendis la pareille. Ma belle-mère paraît pour venir