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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/186

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cha à ma boutonnière avec une épingle prise sur la pelote que Beauharnais tenait. Je descendis et, traversant tout cet état-major qui occupait le parterre, je rencontrai mon colonel, M. Lepreux, et mon commandant Merle, qui attendaient leurs décorations. Ils m’embrassèrent tous les deux au milieu de tout ce corps d’officiers, et je sortis du dôme.

Je ne pouvais avancer, tant j’étais pressé par la foule qui voulait voir ma croix. Les belles dames qui pouvaient m’approcher, pour toucher à ma croix, me demandaient la permission de m’embrasser ; j’ai vu l’heure que j’allais servir de patène à toutes les dames et messieurs qui se trouvaient sur mon passage. J’arrivai au pont de la Révolution, où je trouvai mon ancien régiment qui formait la haie sur le pont. Les compliments pleuvaient de tous côtés ; enfin, pressé de toutes parts, je finis par entrer dans le jardin des Tuileries, où j’eus bien du mal à pouvoir gagner ma caserne. En arrivant à la porte, le factionnaire porte les armes. Je me retourne pour voir s’il n’y avait pas d’officier près de moi, et j’étais tout seul. Je vais près du factionnaire, je lui dis : « C’est donc pour moi que vous portez les armes ? — Oui, me dit-il, nous avons la consigne de porter les armes aux légionnaires. »

Je lui pris la main, la serrai fortement et lui demandai son nom et sa compagnie. Lui met-