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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/182

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DU CAPITAINE COIGNET.

de plus d’un million, et toute la garde eut des lits neufs de sept pieds.

Le Consul fit une morale sévère à tous nos chefs, et il voulut tout voir ; il se fit donner du pain : « Ce n’est pas cela, dit-il, je paie pour du pain blanc, je veux en avoir tous les jours. Tu entends, Lannes ? tu enverras ton aide de camp chez le fournisseur pour qu’il vienne me parler. »

Le Consul nous dit : « Je vous passerai en revue dimanche, j’ai besoin de vous voir. Il y a des mécontents parmi vous ; je recevrai leurs réclamations. »

Ils s’en retournèrent aux Tuileries. Sur l’ordre qu’il passerait la revue le dimanche, le colonel Dorsenne se donna du mouvement pour que rien ne manquât pour la tenue. Tout le magasin d’habillement fut bouleversé, tous les vieux habits furent réformés, et il passa son inspection à dix heures ; il était d’une sévérité à faire trembler les officiers. A onze heures, on part pour se rendre aux Tuileries ; à midi, le Consul descend pour passer la revue, monté sur le cheval blanc que Louis XVI montait, disait-on. Ce cheval était de la plus grande beauté, couvert par sa queue et sa crinière ; il marchait dans les rangs au pas d’un homme ; on pouvait dire que c’était le plus fier cheval.

Le Consul fit ouvrir les rangs ; il marchait au pas, il reçut beaucoup de pétitions ; il les prenait lui-même et les remettait au général Lannes. Il