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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/17

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AVANT-PROPOS.

nous exagérer la portée du mouvement de fanfaronnade soldatesque qui lui fait dire : « Je me croyais en pays ennemi », quand, invité à dîner par son capitaine, il est distrait par les belles dames, au point de fourrer une serviette dans sa poche. C’est une pointe destinée à faire oublier sa bévue. Rien de plus. Ne le voyons-nous pas ensuite seconder les aumônes, relativement considérables, de sa femme, et les continuer plus tard autant que le permet son modeste avoir ?

Pour en revenir à mon parallèle, il est un point surtout qui semble éloigner Coignet de Fricasse. Ce dernier a résolu de défendre à Paris comme aux frontières la liberté de son pays ; il jure de protéger l’Assemblée nationale, tandis que Coignet concourt à sa violation avec une profonde indifférence, pour ne pas dire plus. Ne lui en faisons pas un crime. Il ne s’est jamais douté de ce qu’était une Assemblée politique. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il est sous les ordres d’un petit général proclamé très grand par tous ses chefs. Il l’a suivi à Saint-Cloud le 18 brumaire, comme les camarades. Il a vu là, d’un côté, ses frères d’armes ; de l’autre, une réunion d’hommes à toges galonnées et à cha-