Ouvrir le menu principal

Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/166

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
127
DU CAPITAINE COIGNET.

galères dans leur pays pour qui tue les cigognes. Aussi l’on en voit partout ; les plaines en sont couvertes, et elles se promènent dans les villes ; on leur monte de vieilles roues sur des poteaux très élevés, et elles font leurs nids sur les pignons des édifices.

Arrivés à notre première étape, nos soldats trouvèrent du vin de Malaga à trois sous la bouteille et ils en burent comme du petit-lait ; ils tombèrent morts-ivres. Il fallut mettre des Voitures en réquisition pour les charger comme des veaux (ils étaient comme morts). Au bout de huit jours il fallut faire manger nos ivrognes, la soupe ne restait pas dans leurs cuillers. Le soldat ne pouvait pas boire sa ration, tant le vin était fort.

Nous arrivâmes à Victoria, jolie ville ; de là, à Burgos, et de Burgos à Valladolid, belle grande ville où nous restâmes longtemps dans la vermine. C’est les poux qui font les lits des soldats à force de remuer la paille qui ressemble à de la balle. Les trois quarts des Espagnols prennent les poux à pincée, et les jettent par terre en disant : « Celui qui t’a créé, qu’il te nourrisse ! »

— Voilà ce sale peuple.

« J’eus le bonheur d’être sapeur ; j’avais un collier de barbe très long, et je fus choisi par le colonel Lepreux. Je fus habillé à neuf (petite et grande tenue) et nous fûmes logés chez le bourgeois où nous pûmes nous débarrasser de la ver-