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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/160

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DU CAPITAINE COIGNET.

fait feu sur la colonne qui marchait en avant, et crie aussi : En avant ! Son intrépidité fit faire demi-tour à la division : ils battirent la charge et furent à son secours.

Le général le tenait à l’œil ; il fit partir son aide de camp pour aller le chercher. L’aide de camp arrive au point désigné et voit le voltigeur qui était encore en avant de la ligne ; il court sur lui et lui dit : « Le général vous demande. — Non ! dit-il. — Venez avec moi, obéissez à votre général ! — Mais je n’ai pas fait de mal. — C’est pour vous récompenser. — Ah ! c’est différent. Je vous suis. »

Arrivé près du général, il fut fêté de tous les officiers, et porté pour un fusil d’honneur.

Le soir nous partîmes pour trois lieues plus haut, auprès d’un moulin qui était à notre gauche avec une belle hauteur derrière nous. Le beau régiment de hussards de la mort demanda de passer les premiers pour se venger de Montebello. Le colonel promit cinquante louis au hussard qui donnerait le premier coup de sabre avant lui, et on leur donna dix-huit cents hommes d’infanterie polonaise[1], sans sacs. Ils défilèrent sur le pont et prirent à droite le long du Mincio ; les Polonais au pas de course les suivirent. Ils tombèrent sur la tête de colonne des

  1. Une légion polonaise se battait en effet déjà pour La France, mais comme la loi défendait l’emploi des troupes étrangères, cette légion était censée marcher pour le compte de l’Italie.