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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/141

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droite et qui volaient de tous côtés. Voilà un mouvement qui se fait partout, et l’on détache la 24e demi-brigade en avant à la découverte. Elle marcha très loin, découvrit les Autrichiens et eut une affaire sérieuse ; ils perdirent du monde. Il n’y eut plus de doute que les Autrichiens étaient devant nous, dans la ville d’Alexandrie[1]

Toute la nuit sous les armes. On plaça des avant-postes le plus loin possible, et des petits postes avancés. Le 14, à trois heures du matin, ils surprirent deux de nos petits postes de quatre hommes, et les égorgèrent. Ce fut le signal du réveille-matin, et nous prîmes les armes. A quatre heures, fusillade sur notre droite, on bat la générale sur toute la ligne, et les aides de camp vinrent nous faire prendre nos lignes de bataille. On nous fit rétrograder un peu en arrière, derrière une belle pièce de blé qui se trouvait sur une petite éminence qui nous masquait, et nous attendîmes un peu de temps. Tout à coup, leurs tirailleurs sortirent de derrière des saules et des marais, et puis l’artillerie commence. Un obus éclate dans la première compagnie et tue sept hommes ; il arrive un boulet qui tue le gendarme en ordonnance près du général Chambarlhac qui se sauve à toute bride. Nous ne le revîmes pas de la journée.

Arrive un petit général qui avait de belles moustaches ; il vint trouver notre colonel et demande où est notre général. On lui répond : « Il

  1. Voir les Additions, page 467.