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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/132

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DU CAPITAINE COIGNET.

chai durant la distribution pour voir la cathédrale ; l’œil ne peut voir rien de pareil, tout n’est que colonnes en marbre blanc. Je revins porter mon sac de pain et on nous fît une bonne distribution.

Nous partîmes le lendemain matin et nous prîmes à droite pour descendre sur le Pô qui est un fleuve très profond. Là, nous trouvâmes un pont volant qui pouvait contenir cinq cents hommes, et, au moyen d’une grosse corde qui traversait le fleuve, on parvenait de l’autre côté en tirant la corde. Cela demanda beaucoup de temps, surtout pour notre artillerie. Nous arrivâmes fort tard sur des hauteurs toutes ravagées où nous couchâmes. On fit partir notre division pour Plaisance, une superbe ville. Le général Lannes battait les Autrichiens et les rabattait sur le Pô, et nous de nous porter sur tous les points sans nous battre. On nous faisait marcher de tous les côtés au secours des divisions d’avantgarde, et nous ne brûlâmes pas une cartouche. Ce n’étaient que des manœuvres.

Nous redescendîmes sur le Pô. Là, les Autrichiens s’emparèrent des hauteurs avant d’arriver à Montebello. Leur artillerie ravageait toutes nos troupes qui montaient, et il fallut faire marcher la 24e et la 43e demi-brigade pour être maître de ces positions. Enfin le général Lannes les renversa sur Montebello et les poursuivit jusqu’à la nuit. Le lendemain, il leur souhai-