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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/13

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xiii
AVANT-PROPOS.

vers de circonstance, et les libations en l’honneur du brave Coignet furent multipliées pendant toute l’après-midi. Le soir, on mangea la soupe à la jacobine ; puis on vogua toute la nuit dans les promenades d’Auxerre. Le lendemain, un excellent déjeuner, composé des reliefs du banquet, réunissait de nouveau les amis qui retrinquèrent de plus belle à la mémoire du héros[1].

Ce récit homérique augmenta mon désir de posséder le manuscrit original. J’appris qu’il avait passé dans les mains des légataires universels et bénéficiaires, qu’il avait ensuite été cédé à M. Lorin, ancien architecte et grand collectionneur. Mais ce dernier possesseur consentirait-il à une cession nouvelle ? J’eus encore satisfaction sur ce dernier point, et je puis me considérer comme légitime possesseur des neuf cahiers de Coignet.

  1. Trouve qui voudra ce legs déplacé ; il en valait un autre, et je ne serais pas surpris qu’il ait procuré à Coignet le bénéfice de regrets fort prolongés.

    Dans des proportions plus modestes, les collations funéraires ne sont-elles pas encore de mode dans le menu peuple et dans beaucoup de campagnes ? Une légende relativement touchante de Monselet est celle du brave Auvergnat qui ferme boutique tous les dimanches pour aller déjeuner avec son enfant au cimetière Montmartre, sur la tombe de sa défunte charbonnière, et qui finit la cérémonie en élevant son verre et en murmurant avec des larmes dans la voix : « A ta santé, ma femme ! »