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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/121

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geâmes. Le lendemain à Dole où nous ne fûmes que coucher, et de là à Poligny. De là à Morez ; le lendemain nous fûmes coucher aux Rousses ; de là à Nyon où nous fîmes toute notre petite réunion dans une belle plaine. Nous passâmes la revue du premier Consul assisté de ses généraux dont Lannes faisait partie ; on nous fit manœuvrer et former des carrés. Le Consul nous tint toute la journée ; il nous fit défiler, et le lendemain nous partîmes pour Lausanne, une très jolie ville ; le Consul y coucha et nous fûmes bien reçus.

De ces côtés, on arrive sur une hauteur boisée qui domine toute l’étendue du pays, on découvre Genève à droite de l’autre côté du lac ; on aperçoit le rivage boisé à perte de vue qui longe ce lac majestueux bordé de rochers, avec une eau bleue, dans toute sa longueur. On prend à gauche le chemin qui longe cette belle côte, qui est cultivée en amphithéâtre, ce ne sont que des murs jusqu’au sommet qui sont garnis d’espaliers. Cette côte est une richesse pour tout le pays ; c’est un chef-d’œuvre de la nature. Dans tous les villages de la Suisse, pays de montagnes et de bois, il faut des guides pour conduire. C’est un bon peuple pour le soldat ; nous ne partions pas sans un bon morceau de jambon dans du papier ; on nous reconduisait sur notre route, car il y avait de quoi se perdre.

De Lausanne, après avoir tourné le lac de