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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/12

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AVANT-PROPOS.

conversation et lui dît, avec une tape amicale sur l’épaule : « Tu vas acheter ma belle ouvrage. » Le prix étant modéré (5 francs), on acceptait la proposition. Coignet courait alors au comptoir, où il avait installé un petit dépôt d’exemplaires. Tous les volumes se dispersèrent ainsi, mais leur conservation ne gagna point à la vie nomade des souscripteurs, peu bibliophiles de leur métier. Toutefois, leurs relations avec l’auteur n’en devaient pas rester là.

Lorsque le vieux capitaine mourut, il laissa une somme de sept cents francs pour les frais d’un grand repas qui devait être servi au retour des funérailles. Tous ses anciens et chers souscripteurs, les voyageurs de commerce en passage, étaient invités de droit. De plus, un crédit de trois cents francs était ouvert pour le café, les liqueurs et autres consommations. On devait, bien entendu, assister aux obsèques, et se mettre ensuite immédiatement à table.

Cent vingt invitations furent ainsi faites aux ayants droit. La moitié des invités s’abstint, jugeant tout divertissement peu convenable, malgré la volonté formelle du défunt. Le repas n’en fut pas moins animé. Un poète du cru récita des