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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/116

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DU CAPITAINE COIGNET.

passaient par les croisées : les manteaux, les beaux bonnets et les plumes tombaient par terre ; les grenadiers arrachaient les galons de ces beaux manteaux[1].

Bonaparte rappelle son frère Lucien qui était le président, et lui dit de se placer dans le beau fauteuil, avec Cambacérès à sa droite et Lebrun à sa gauche. Et les voilà installés.

À trois heures, on nous donne l’ordre de partir pour Paris, mais les grenadiers ne partirent pas avec nous. Nous mourions de faim ; en arrivant on fit la distribution d’eau-de-vie. Les Parisiens nous serraient de tous les cotés pour savoir des nouvelles de Saint-Cloud ; nous ne pouvions pas passer dans les rues pour arriver au Luxembourg où l’on nous mit dans une chapelle, en entrant dans le jardin (il fallait monter des marches). Et puis à gauche, c’était une grande pièce voûtée que l’on nous dit être la sacristie, où l’on nous fit établir des grandes marmites pour quatre cents grenadiers. Devant le corps de bâtiment, il y avait de beaux tilleuls, mais cette belle place devant le palais, ce n’étaient que des masures démolies. Il n’existait dans ce beau jardin que les vieux marronniers qui y sont encore, et une sortie derrière, au bout de notre chapelle. C’était pitié de voir ce beau jardin avec des démolitions.

  1. Le manteau et la toque à plume faisaient alors partie de la tenue parlementaire.