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Page:Coignet - Les Cahiers du capitaine Coignet, 1883.djvu/103

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enverrez tout cela à mon mari avec la facture acquittée. »

Combien je fus flatté de ce procédé ! M. Potier me présente le paquet : « Voilà le cadeau que vous avez mérité ! Il faut lui faire faire son habillement de suite. Demain nous reprendrons nos travaux au moulin ; il nous faut deux cents sacs de farine pour Paris. »

Toute la semaine fut employée au moulin ; le dimanche nous passâmes nos chevaux en revue ; monsieur et madame furent dîner en ville. Et moi de régaler tous les domestiques de nos voyages, racontant tout ce que j’avais vu à Paris. Le soir, je fus chercher mes maîtres sans leur permission. Ils furent contents de cette attention et je les ramenai à minuit. Le lendemain, je reçus mes habillements ; tout était complet.

« Allons, Jean ! il faut voir si tout cela va bien ! » Ils me mènent dans leur chambre et président à ma toilette, disant : « On ne vous reconnaîtra plus !… Tenez, ajoute madame, voilà des cravates et des mouchoirs de poche. Je vous ai acheté une malle pour mettre toutes vos affaires. — Monsieur et madame, je suis confus de toutes vos bontés. »

Le dimanche je m’habille et parais devant tout le monde de la maison, comme si je sortais d’une boîte. Tous mes camarades de me toiser de la tête aux pieds, et tout le monde de me faire des