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deçà des efforts extrêmes et ne portent pas immédiatement toutes leurs forces au jeu. Par le seul fait de la différence de leur nature et de leur mode d’emploi, ces forces, — qui sont de trois espèces : les forces armées proprement dites, le territoire national en raison de sa surface et de sa population, et les alliés, — ne sauraient, d’ailleurs, être mises simultanément en action.

Le territoire national est non seulement la source des forces armées proprement dites, mais en outre, par celles de ses parties qui constituent le théâtre de guerre, il devient l’une des grandeurs intégrantes de celle-ci ou exerce du moins sur elle une influence considérable.

On peut bien porter en même temps à la lutte toutes les forces mobiles du territoire, mais non le territoire lui-même tout entier avec ses places fortes, ses cours d’eau, ses montagnes, ses habitants, etc., etc., à moins qu’il ne soit assez petit pour que le premier acte de guerre l’embrasse dans toutes ses parties. Quant aux alliés, leur entrée en lice ne dépend pas de la volonté des parties belligérantes, et, d’après les usages habituels de la politique, en général leur coopération effective ne se produit que plus tard, et ne se renforce que lorsque l’équilibre étant rompu entre les adversaires, on cherche à le rétablir.

Nous nous réservons de développer par la suite cette question, et nous montrerons alors que, contrairement à ce que l’on est porté à croire au premier coup d’œil, celles des forces de la résistance que l’on ne saurait ainsi mettre en action dès le début sont, dans maintes circonstances, de beaucoup les plus nombreuses ; d’où naît parfois la possibilité de rétablir l’équilibre dans les conditions mêmes où une