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suite assis. Il ne cessait de réfléchir. Il pensait aux machines qu’il voulait faire venir d’Angleterre, afin que tout chez lui fût fait à la vapeur, et uniquement à la vapeur, de telle façon qu’on pût se passer complètement des bras du moujik, car il préférait encore l’odeur des machines à vapeur à l’odeur abhorrée que répandait le moujik.

Il pensait au superbe jardin potager et fruitier qu’il se proposait d’établir. Que de poires, de prunes, de pêches, de noix, il comptait récolter !

Il regarda instinctivement par la fenêtre, et, ô miracle ! tout ce qu’il avait imaginé se trouvait déjà transformé en réalité.

Par la volonté d’un pouvoir magique, les poiriers, les pêchers, les abricotiers, rompaient presque sous le poids d’innombrables fruits. On n’avait qu’à se donner