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d’admirer le degré de pureté auquel était parvenue l’atmosphère dans les domaines du pomèchtchik.

« Si l’atmosphère est aussi pure, dit le pomèchtchik en se rengorgeant, c’est que Dieu, à ma prière, a débarrassé mes domaines de tout moujik.

— Voilà qui est vraiment admirable, dirent les quatre généraux en le comblant de louanges. Ainsi à l’avenir chez vous l’odorat ne sera plus jamais blessé par l’odeur empestée que répand le moujik.

— Plus jamais, répondit le pomèchtchik. »

Là-dessus, on se mit à la table de jeu. On fit une partie, puis la revanche.

Les quatre généraux sentirent enfin que c’était l’heure à laquelle ils avaient accoutumé de boire de l’eau-de-vie. Ils commencèrent à s’agiter et à regarder à droite et à gauche.