Page:Chtchédrine - Trois contes russes.djvu/78

Cette page a été validée par deux contributeurs.


dans la lecture du Moniteur des intérêts pomèchtchikaux.

Quant à sa constitution naturelle, il avait une complexion lymphatique et la peau blanche.

Un jour il se mit à implorer la bonté divine : « Seigneur, s’écria-t-il, vous m’avez donné tout en abondance, vous m’avez comblé de bienfaits ! Cependant vous avez permis que mon cœur fût attristé par une affliction que je ne suis pas en état de supporter : mon pays est infesté de moujiks.

« Seigneur, délivrez-moi de cette plaie ! »

Dieu, dans son omniscience, n’ignorait pas que ce pomèchtchik était stupide. Aussi n’exauça-t-il pas sa prière.

Notre pomèchtchik vit que la race du moujik, bien loin de diminuer, ne faisait que s’accroître chaque jour de plus en