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lorsque le domestique lui présenta une lettre sur un plateau d’argent.

À peine Brjotski eut-il pris l’enveloppe qu’il devint extrêmement agité. Il était comme une anguille sur le feu.

« Pourquoi m’envoie-t-on cet objet ? » cria-t-il en tremblant de tout son corps.

Personne ne comprit ce que cela signifiait, mais il devint évident pour tous qu’il était impossible d’achever le repas.

Je ne décrirai pas ici les tourments qu’endura Brjotski en cette journée mémorable. Je ne dirai qu’une chose : cet homme, d’apparence faible et débile, supporta en héros les plus terribles tortures, mais quant à se dessaisir de la moindre petite monnaie de quinze copecks, jamais il n’y consentit.

« Cela n’est rien, disait-il à sa femme dans les moments de crise aiguë, mais tiens-moi solidement, et si, sous le coup de