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Elle se mit à réfléchir. Elle chercha dans sa pensée comment on pourrait se défaire de cette conscience et à qui l’on pourrait la repasser. Il s’agissait pour elle de ne pas écraser sous le coup celui qu’elle choisirait pour victime, mais seulement de lui causer quelque dérangement sans conséquences. Après examen, elle trouva que le mieux serait de loger la conscience chez le financier juif Brjotski, le fondateur des grandes affaires, le créateur d’innombrables actions de chemins de fer.

« Celui-là, au moins, a le cou solide, se dit-elle, il sera en état de supporter cela. »

Ayant pris cette décision, elle glissa prudemment la conscience dans une enveloppe timbrée, sur laquelle elle écrivit le nom et l’adresse de Brjotski, puis elle jeta l’enveloppe dans la boîte aux lettres.

« Maintenant, dit-elle à son mari en