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Et déjà il s’apprêtait à jeter sa trouvaille sur la voie publique, mais il en fut empêché par la présence d’un sergent de ville.

« Toi, mon bon, lui dit ce dernier en le menaçant du doigt, tu m’as tout l’air de vouloir distribuer à la dérobée des brochures clandestines. Ce ne sera pas long, tu sais, de te fourrer au violon. »

L’ivrogne cacha promptement sa trouvaille dans sa poche et s’éloigna. Il se dirigea à pas de loup, et en regardant à la ronde pour voir si on ne l’épiait pas, vers le cabaret de sa vieille connaissance le cabaretier Prokoritch. Avant d’entrer, il jeta tout doucement un coup d’œil sur l’intérieur par la fenêtre. Voyant qu’il n’y avait pas de pratiques dans le cabaret et que Prokoritch sommeillait derrière son comptoir, il ouvrit rapidement la porte, entra en courant, et, sans don-