Page:Chtchédrine - Trois contes russes.djvu/38

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Podiatcheskaïa ; il y avait été en personne ; il y avait bu de l’hydromel et de la bière, et même il en avait bu force rasades.

« Mais nous sommes des généraux de la rue Podiatcheskaïa ! s’écrièrent nos généraux joyeusement.

— Et moi, répondit le moujik, chaque fois que vous avez aperçu un homme suspendu au dehors d’une maison le long d’une corde avec un pot de couleur et peignant les murs, ou bien se promenant sur les toits comme une mouche, c’était moi. »

Et le moujik chercha comment il pourrait faire plaisir à ses généraux en reconnaissance de ce qu’ils daignaient lui témoigner de la bienveillance, à lui fainéant, et de ce qu’ils n’avaient point de mépris pour son labeur de moujik. Et il construisit un navire, ou, pour mieux dire, une barque qui fût en état de traverser la