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— Comment, il n’y en a pas ? Du moujik il y en a partout, il s’agit seulement de parvenir à le dénicher. Pour sûr, il est caché quelque part pour éviter de travailler. »

Cette pensée donna courage à nos généraux. Ce fut au point qu’oubliant leurs maux, ils se levèrent comme mus par un ressort et se mirent à la recherche du moujik.

Ils errèrent longtemps dans l’île sans aucun succès ; mais enfin une âcre odeur de mauvais pain et de peau de mouton les mit sur la trace.

Au pied d’un arbre dormait, couché sur le dos, les poings sous la tête, un énorme moujik, fuyant ainsi le travail de la manière la plus éhontée.

L’indignation des généraux ne connut pas de bornes. Ils s’élancèrent sur lui en criant :