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sorerie générale. Quant aux travaux utiles, il n’en était plus question. Ils étaient remplacés par des pillages, des vols à main armée et des assassinats. Même quelques jours auparavant une espèce de bête sauvage, à moitié ours, à moitié homme, avait failli l’étrangler, lui l’ispravnik, et il soupçonnait véhémentement ledit homme-ours de n’être autre que ce même pomèchtchik stupide, auteur de tout le mal dont il s’agissait.

Les hauts fonctionnaires du gouvernement s’inquiétèrent. On réunit le conseil, et voici quelles furent les décisions prises. D’une part, ordonner une battue générale pour ressaisir de vive force le moujik. D’autre part, s’adresser avec les plus grands égards, avec tous les ménagements imaginables, au pomèchtchik stupide, auteur de tout ce trouble, et tâcher de lui suggérer, avec la plus extrême dé-