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L’ARRIVISTE

il a eu suffisamment provigné, je l’ai laissé là. Il a grandi, il s’est installé, il a pris ses coudées dans le monde politique ; il court maintenant la ville et la province, en manière d’oracle.

Si l’orateur est le maître du jour, le compte-rendu est le maître du lendemain. Si l’orateur est ce qu’il veut au-dedans de sa petite église parlementaire, il n’est au-dehors que ce que le compte-rendu veut bien qu’il soit.

Le jugement des morts ne se fait pas attendre pour l’orateur. À peine est-il enfermé dans sa bière de papier, que deux journalistes s’approchent du corps. Ils se tiennent tous deux à ses côtés comme son bon et son mauvais ange. Ils lui récitent leurs patenôtres en faux-bourdon, et ils l’aspergent, en guise d’eau bénite, l’un d’un panégyrique, l’autre d’une satire. »


Au lendemain de l’assemblée de S. Michel, on lisait donc dans l’organe du parti :