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Page:Chivot et Duru, Les Braconniers.djvu/87

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BIBLETTO.

Sans doute… si ce n’est pas pour moi, faites-le du moins pour Bibletta… car…

I
––––––Ma sœur et moi, dès notre enfance,
––––––N’avons jamais eu qu’un seul cœur,
––––––Donc en sauvant mon existence,
––––––Vous sauvez celle de ma sœur.
––––––Si vous exaucez ma prière,
––––––Oui ! Bibletta s’en souviendra,
––––––Et cette dette de son frère,
––––––C’est la sœur qui l’acquittera
II
––––––J’ai l’âme trop haute et trop fière
––––––Pour implorer votre pitié,
––––––Ce que je veux… ce que j’espère,
––––––C’est un peu de votre amitié.
––––––Il est de braves cœurs sur terre,
––––––L’avenir vous le prouvera,
––––––Si vous avez aimé le frère,
––––––Un jour la sœur vous aimera.

ÉLÉONORE.

Il m’émeut !… (Essuyant une larme.) Je suis ému !…


BIBLETTO, d’un côté.

Eh bien ?…


GINETTA, de l’autre.

Eh bien ?


ÉLÉONORE, avec résolution.

Eh bien, après tout, que m’importent les lièvres de papa !… Je n’aime pas le gibier et j’aime Bibletta… donc pas d’hésitation… je passe à vous avec armes et bagages…


BIBLETTO et GINETTA.

Bravo !


ÉLÉONORE.

Mais à une condition, c’est que je reverrai Bibletta.