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Page:Chivot et Duru, Les Braconniers.djvu/58

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TOUS.

Oui !… oui !… Ginetta… l’histoire.


GINETTA, savonnant Bibès et le rasant.

La voilà en deux mots… J’avais appris que M. Marcassou avait eu un attachement dans le pays… une bonne amie !… la grande Cagnasse… (Rasant avec fureur.) Cristi ! (A Bibès.) Le rasoir ne vous fait pas de mal ?


BIBÈS, faisant la grimace.

Du tout, c’est un velours !


GINETTA, continuant à le raser.

Je croyais que c’était bien fini… il me l’avait juré… Ah ! bien, oui… pas du tout !… Le soir même de notre mariage, il a disparu… et pour aller où ?… pour aller retrouver sa bonne amie, la grande Cagnasse !… le brigand !… (A Bibès.) Le rasoir ne vous fait pas de mal ?


BIBÈS, même jeu.

Du tout, c’est un velours !


CARMAGNASSE, à part.

Sapristi ! faut-il qu’il ait la peau dure !


GINETTA.

Et moi, je suis restée là, toute la nuit à me morfondre, à gémir, à appeler Marcassou ! Marcassou !… comme on appelle les chats qui sont sur les gouttières… Rien !… personne !… et voilà comment j’ai passé la première nuit de mes noces !…


BIBÈS, se levant.

Aïe !… Vous m’avez coupé !… (Allant au lavabo.) Pauvre petite !…


TOUS.

C’est une indignité !


CARMAGNASSE.

Je ne connais pas ce Marcassou, mais, mordions ! qu’il ne vienne jamais se faire raser chez moi ou je lui enlève le nez !