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MARCASSOU.

Si… si… tout à l’heure… Suivant l’usage du pays, Ginetta fait en ce moment le tour de la ville dans une carriole où se trouve déjà son trousseau… Elle tient une quenouille à la main, emblème du labeur futur, et dans cet équipage, elle récolte, de maison en maison, tout ce que les parents et les amis veulent bien lui donner pour monter notre ménage. (Grand bruit au dehors. — Acclamations. — Sons de grelots.) Et tenez ! tenez… je l’entends qui revient… (Allant au fond.) Oui, oui, la voilà… Par ici, Ginetta, par ici !…

La foule se précipite en scène. — Les paysans, les chapeaux enrubannés et le bouquet au côté, font reculer la foule en criant :


LES PAYSANS.

Place, place à la mariée !…

Ginetta entre. Elle est debout dans une petite carriole remplie d’ustensiles de ménage et traînée par plusieurs jeunes gens tout enrubannés.


Scène III

Les Mêmes, GINETTA, Parents, Garçons, Demoiselles d’honneur.



GINETTA, debout dans la carriole.
I
––––––Je suis votre humble servante,
–––––––La petite Ginetta :
–––––––Devant vous je me présente
–––––––Telle que Dieu me dota !
–––––––J’ai la figure mutine,
–––––––La taille svelte et l’œil vif
–––––––Mais c’est tout, tout pour la mine,
–––––––Et rien pour le positif !
–––––––––––––Ah !
––––––––––Gens de Bigorre,
––––––––––Je vous implore,
––––––Donnez, donnez à Ginetta !