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Page:Chevalley - Le Roman anglais de notre temps.djvu/71

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Roman anglais au XIX m Siècle 55 représenter et traduire la vie de l'Angleterre contem- poraine- Il est parfaitement superflu de se demander ce qui en restera. Tous les livres restent en un certain sens. Par exemple, il sera bien difficile, désormais, de se figurer l'Angleterre à la fin du xiX m ' siècle sans recourir à l'image multiple et monumentale qu'en a laissée Mrs. Humphry Ward. Rien de plus compréhensif, de plus intelligent, dans toute l'acception de ces mots, ne peut être conçu. A cet égard, l'auteur de Robert Elsmere, quelles que soient les vicissitudes de sa renommée, est certaine de survivre. George Meredith et Thomas Hardy Réalîse-t-on que George Meredith est contemporain de George Eliot, et que son Richard Feverel, par exemple, fut publié en 1859, la même année qu'Adam Bede? Rien n'est plus trompeur que les dates. Les héros de Meredith ont beau se mouvoir dans un milieu victorien, leurs idées sont d'avance à l'autre pôle. Dickens et Thackeray, les Broute et George Eliot, étaient en lutte contre leur âge. Meredith l'a déjà dépassé. Les romanciers anglais d'entre 1840 et 1870 se débattaient contre les compromis et les conventions de la civilisation victorienne. Meredith y avait prématurément échappé. Sur la vie économique et morale, le rôle et la condition des femmes, les relations des sexes, les conditions du mariage, le sens même de l'existence humaine, il avait silencieusement pris les devants par au moins cinquante années. L'isolement de Meredith au milieu de son temps est une cause, au moins autant qu'une conséquence, de ses idées et de son art. Nous n'avons ni tout le droit ni tous j a ,tiz B dbvG00gle

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