Page:Chergé - Guide du voyageur à Poitiers et aux environs, 1872.djvu/227

Cette page a été validée par deux contributeurs.
217
LA CASERNE DE GENDARMERIE.

Toutefois et par une transition plus naturelle qu’elle ne doit sembler au premier coup d’œil, passons à l’histoire de

La caserne de Gendarmerie. — Il est évident, en effet, que les insatiables besoins que créera l’exagération d’un luxe effréné entraîneront, pour les satisfaire, des appétits désordonnés, auxquels la société devra opposer, à son tour, le luxe (nécessaire celui-là) de nombreux gendarmes.

C’est donc de la gendarmerie… nationale, apparemment aujourd’hui, — et qu’elle garde avec le mot la chose — que nous avons à vous parler.

Elle occupe une partie des bâtiments de l’ancien monastère des Filles de Notre-Dame, que nous avons vues établies aujourd’hui sur l’emplacement de l’antique abbaye de la Trinité (V. p. 86). Le reste des constructions a été démoli pendant la Révolution.

Les Religieuses habitaient encore leur couvent en 1792 ; mais à cette époque, le 9 avril, ayant refusé de se présenter, selon leur coutume, sur leur terrasse au moment du passage de la procession qui se faisait à l’occasion du Miracle des Clefs (voir ci-après), et d’y chanter le Regina cœli, ce refus, justement motivé pourtant, puisqu’il s’agissait, de la part des pieuses filles, de ne pas faire acte d’adhésion publique au clergé constitutionnel assermenté qui présidait à la cérémonie, provoqua une émeute violente.

Malgré les efforts de la municipalité et l’autorité des magistrats, les prôneurs de « la liberté des cultes, enfin conquise sur l’intolérance des temps « d’obscurantisme religieux », envahirent brutalement le monastère, et cette émeute ne s’apaisa qu’à la nuit.

Ne seriez-vous point tenté de penser avec nous que si les braves qui firent cette journée existaient encore, ils se soucieraient peu d’en tenter une deuxième édition contre les hôtes actuels de l’ancien monastère ?

Il est probable aussi que, quoique intrus eux-mêmes, ces hôtes nouveaux défendront mieux la propriété