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AVERTISSEMENT

DE L’ÉDITION DE 1827.




Je n’ai rien à dire de particulier sur le Voyage en Amérique qu’on va lire ; le récit en est tiré, comme le sujet des Natchez, du manuscrit original des Natchez mêmes : ce Voyage porte en soi son commentaire et son histoire. Mes différents ouvrages offrent d’assez fréquents souvenirs de ma course en Amérique : j’avois d’abord songé à les recueillir et à les placer sous leur date dans ma narration ; mais j’ai renoncé à ce parti, pour éviter un double emploi. Je me suis contenté de rappeler ces passages ; j’en ai pourtant cité quelques-uns, lorsqu’ils m’ont paru nécessaires à l’intelligence du texte et qu’ils n’ont pas été trop longs.

Je donne dans l’Introduction un fragment des Mémoires de ma vie, afin de familiariser le lecteur avec le jeune voyageur qu’il doit suivre outre-mer. J’ai corrigé avec soin la partie déjà écrite ; la partie qui relate les faits postérieurs à l’année 1791, et qui nous amène jusqu’à nos jours, est entièrement neuve. En parlant des républiques espagnoles, j’ai raconté ( en tout ce qu’il m’étoit permis de raconter) ce que j’aurois désiré faire dans l’intérêt de ces États naissants, lorsque ma position politique me donnoit quelque influence sur les destinées des peuples.

Je n’ai point été assez téméraire pour toucher à ce grand sujet avant de m’être entouré des lumières dont j’avois besoin. Beaucoup de volumes imprimés et de mémoires inédits m’ont servi à composer une douzaine de pages. J’ai consulté des hommes qui ont voyagé et résidé dans les républiques espagnoles : je dois à l’obligeance de M. le chevalier d’Esménard des renseignements précieux sur les emprunts américains.

La préface qui précède le Voyage en Amérique est une espèce d’histoire des