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DU JAPON.

Jori ; aussi ne recommanda-t-il rien plus vivement à son fils, en mourant, que d’arracher de ses États jusqu’à la racine de la religion chrétienne, et surtout de veiller à ce qu’il n’y restât aucun docteur européen. Ce prince, qui voulait être adoré comme un dieu après sa mort, indiqua, pour le lieu de sa sépulture, la cime d’une montagne ; son fils lui fit bâtir un temple magnifique, et n’oublia rien pour rendre auguste la cérémonie de son apothéose.

Si le Cubo-Sama jouit peu du fruit de la victoire qu’il avait remportée sur Fide-Jori, il eut du moins, en mourant, la consolation de laisser le trône impérial aussi assuré à sa famille, que s’il l’eût reçu par la succession légitime d’une longue suite d’aïeux ; c’était encore cette même famille qui l’occupait à la fin du dix-septième siècle, lorsque le Japon s’interdit toute communication avec les Européens.

Ce fut à cette époque que l’empereur fixa le siège de sa cour à Yedo, capitale du royaume de Musasi, qui est devenue la plus opulente cité du Japon. Cette ville est située dans une plaine agréable, au fond d’une baie peu profonde. Elle est entourée de fossés, et fermée par des portes qui peuvent résister à un coup de main ; les maisons des particuliers ne sont ni plus hautes ni plus