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morgue. Il avait gardé de son passage au régiment une raideur de sergent et la manie du commandement. Il déplorait qu’on ne lui permît pas dans le civil de continuer à porter l’uniforme ou du moins d’indiquer par un insigne le rang qu’il occupait dans l’armée. Quand dans son entourage on ne s’en laissait pas imposer, il recourait à la persécution.

Il échoua avec François, et se vengea par des tracasseries sourdes. Comme surintendant de l’immeuble du journal, il surchauffait les bureaux quand le mercure montait puis lésinait sur le combustible par les jours froids. Dans la rue, il le saluait une fois et le lendemain comme Bonneville lui rendait sa politesse, il détournait la tête insolemment. Comptant que les petites tracasseries viendraient plus sûrement à bout de sa patience que les grands éclats, il lui rendait la position intenable par des vengeances de concierge.

Il reprochait surtout à François ses relations avec moi. Il avait une fille unique, une fillette rougeaude et bien en chair, aux cheveux tou-