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En attendant, tous mes gestes, toutes mes démarches, me faisaient des amis dans le peuple. Je demandais par leur nom les chauffeurs de taxi, leur donnant ainsi l’impression de les favoriser. Il m’était indifférent de dépenser vingt dollars dans un restaurant que nous fournissions, pourvu que le propriétaire, que j’avais demandé à voir en entrant, fût présent ; s’il était absent et si personne de sa famille n’était là, je trouvais aussitôt un prétexte pour amener mes invités ailleurs. Il faut dire que je continuais de toucher la pension que mon père me faisait depuis trois ans.

Si j’étais le premier sur les lieux des incendies, ce n’était pas en spectateur. Je me dépensais avec enthousiasme, secourant les sinistrés, les transportant en auto, intervenant auprès des voisins pour les loger temporairement et leur avançant quelquefois l’argent nécessaire à leur subsistance immédiate. Tous les pauvres me connaissaient. Je les nourrissais, les vêtais, les meublais, payais de ma personne dans les deuils et les épreuves. J’étais mêlé à tous les événements