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veille. Et pourtant j’avais reconnu dans un groupe mon ami Bonneville. Mon nom n’était pas mentionné. Je tournai et retournai le journal, ne pouvant croire à un oubli.

Au bureau de poste, je croisai le journaliste. Il me parla de ses ennuis, de sa lettre de démission.

— Vous n’auriez pas dû l’envoyer sans m’en parler, lui dis-je, car je continuais de l’aimer et de vouloir lui être utile.

— Le député lui-même…

— Mais il n’a aucune influence au journal.

— Si j’avais su.

— Je retirerai votre lettre.

— Si vous êtes capable… Ils ont tant de choses contre moi. Et à propos, vous avez remarqué que je n’ai pas dit un mot de votre « triomphe » d’hier. Je sais que vous n’aimez pas la publicité.

En parlant, il avait détourné les yeux et je crus qu’il rougissait.