Page:Charbonneau - Fontile, 1945.djvu/163

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

sens, celui de mon humiliation ; je ne sentais plus l’atmosphère. Elle m’avoua plus tard que devant la souffrance qu’elle lisait dans mes yeux, elle avait été tentée de me prendre la main et de la baiser. Mais elle ne fit rien.

— Je ne suis pas fière de moi, dit-elle après un silence prolongé.

— Mais vous n’avez rien à vous reprocher. Vous n’avez jamais été coquette…

— Je n’en suis pas certaine. Une femme l’est toujours un peu.

— Dans un autre siècle, je serais allé provoquer mon rival en duel et l’un de nous serait resté sur le terrain. Aujourd’hui, on ne fait plus cela.

— On a tort.

Elle m’accorda l’autorisation de la revoir à titre d’ami. Je remarquais la pâleur de son visage affiné par la maladie, le cerne qui entourait ses yeux et augmentait leur éclat. Elle me demanda presque aussitôt de la reconduire, car ses jambes pouvaient à peine la porter.

Je passai la nuit à pleurer. Ma vie se nouait