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donnait l’illusion de la bonté. Elle répéta le nom d’Armande aux invités les plus rapprochés, comme si celle-ci avait fréquenté chez elle depuis toujours. Dans son salon, elle excellait dans l’art d’accorder les disparités, de tirer d’une question ajustée la note de celui-ci ou de celle-là, qu’une exhaustion trop soudaine de la conversation d’un plan à un autre avait replié sur eux-mêmes. La politesse était passée chez elle à l’état de seconde nature.


Ly dansait avec André Laroudan, Edward se laissait entraîner par une jeune fille, d’une beauté presque noire, que je ne connaissais pas. Un fonctionnaire causait dans l’embrasure d’une fenêtre avec la fille du maire et le docteur Desartois. Quelques personnes d’âge mûr, indifférentes au bal, jouaient au bridge… Edward Wilding m’accapara. Près de nous, Céline Barrois cherchait le moyen d’éconduire un jeune garçon qui voulait à tout prix l’embrasser dans le cou. Je l’invitai à danser pour me rapprocher d’Armande.