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Madame Lescaut avait été retenue à la maison par la maladie. La dernière visite que je lui avais faite, trois ans plus tôt, me revint à la mémoire. Elle était entourée de toute sa famille. Sa tête, aux cheveux blancs, comme poudrés, relevés en arrière et fondus en un chignon, ses yeux très vifs, lui donnaient un air de majesté impressionnant. Près d’elle dans le vieux salon se tenaient ses trois fils et leurs femmes. En face, Georges et moi, avions pris place sur un canapé. Au-dessus de nous pendait un portrait d’Hippolyte LaFontaine. À gauche du portrait, s’ouvrait la chambre de Georges, petit réduit obscur, dont la porte ne tournait plus quand le divan-lit était ouvert et où l’on entendait tous les bruits de la rue.

Témoin de mon adolescence et de mon amitié pour Georges, Imelda, qui est presque de notre âge, me relie à une époque révolue. Par une association involontaire d’images, je me rappelle les jours qui suivirent la lecture de Recommencements de Paul Bourget, à l’âge de treize ans. À mesure que j’avançais dans ce livre, le monde