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DE LA NOUVELLE-FRANCE

« Monseigneur,

« Puisque Monsieur Talon a pris la résolution de repasser en France estimant sa santé assez forte pour supporter les fatigues du voyage, nous n’ajouterons rien à la lettre que nous avons eu l’honneur de vous écrire. Comme il est parfaitement éclairé sur toutes les choses qui concernent le bien de ce pays, il pourra vous en donner de véritables lumières. Nous nous en remettons entièrement à lui. Et cependant nous ne cesserons de prier Dieu pour la continuation de vos prospérités et santé, comme étant

« Monseigneur,
« Vos très humbles et très obligés serviteurs,
« Le Conseil Souverain de la
Nouvelle-France. »


Quelques jours plus tard, Talon s’embarquait pour la France. Sa première intendance avait duré trois ans et deux mois.

Les regrets qui éclatèrent à son départ montrèrent bien toute l’étendue des services qu’il avait rendus. La Mère de l’Incarnation s’écriait : « Enfin voilà M. Talon qui nous quitte et qui retourne en France, au regret de tout le monde et à la perte de tout le Canada. Car depuis qu’il est ici en qualité d’intendant, le pays s’est plus fait et les affaires ont plus avancé qu’elles n’avaient fait depuis que les Français y habitaient. Le roi envoie en sa place un nommé M. de Bouteroue, dont je ne sais encore la qualité ni le mérite. » L’histoire de l’Hôtel-Dieu fait entendre une note non moins sympathique, mais moins désolée, parce qu’on y mentionne l’espérance