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La même cuisine a encore fourni de mauvais dîners, où les convives se battent en vain les flancs pour se faire rire, pour être plaisans, mais où ils ne sont que de plats rieurs. Vers la fin du repas, celui qui a rédigé ces dîners demande grace, avec raison, pour les insipides balivernes de ses compagnons de table, qui n’ont bavardé que comme des buveurs d’eau. Du Champagne, morbleu ! du Champagne, & l’on est patriote ! L’auteur, qui est comme Blaise, nous menace de ses quatre repas. Puisque les idées cuisinieres montent sa Minerve, je veux lui fournir un titre ; qu’il fasse l’indigestion politique. Cela viendra bien après ses repas.

Débats de l’assemblée nationale : c’est bien effectivement ce qui s’est débattu dans l’assemblée ; mais le journaliste rapporte les disputes comme un homme qui les a vues de loin. Il ne nous peint point le regard étincelant des contendans ; cette tension nerveuse de celui qui prépare son coup, la souplesse adroite de celui qui l’évite pour en porter un plus terrible peut-être. Je n’entends point le cliquetis des armes ; je n’entends point les huées qui honnissent le champion qui s’est mal défendu, ni les applaudissemens qui portent aux nues celui qui sort victorieux de l’arene. Ah ! je le vois ; les ils dirent, les ils répondirent ne parlent point à l’ame.

Diogene dans le tonneau : gai, mais peu connu ; son rire est quelquefois sardonnique.